enjeux de la politique de l'eau
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dernière mise à jour le 28/11/2012
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1. L'utilisation de l'eau dans l'Eure


Chaque année environ 700 mm de pluie tombent sur notre département. Ces quelque 4 200 millions de m³ d'eau alimentent le cycle de l'eau :

 

  • 65% sera évaporé ou utilisé par les végétaux
  • 15% alimentera directement les cours d'eau et les zones humides
  • 20%s'infiltrera dans le sol pour recharger les nappes phréatique

 

Chaque année environ 84 millions de m³ d'eau sont prélevés, essentiellement à partir de la ressource souterraine :

 

  • 47 millions de m³ sont utilisés pour l'alimentation en eau potable des 582 000 eurois,
  • 35 millions de m³ pour les besoins industriels,
  • 2 millions de m³ pour l'irrigation agricole.

 

La gestion durable de cette ressource en eau est un enjeu majeur pour garantir la satisfaction des besoins à un coût raisonnable, préserver les milieux aquatiques et humides et protéger les zones urbaines des phénomènes d'inondations.

 

2. Les enjeux liés à cette ressource et à son utilisation


Toute dégradation de la qualité des eaux superficielles impactera la qualité de l'eau souterraine
La ressource en eau présente sous notre département est particulièrement fragile de par la nature crayeuse du sol haut normand.


En effet, cette couche géologique, fortement karstifiée (développement de cavités par la circulation d'eaux souterraines), permet une percolation des eaux de surfaces vers la nappe par deux phénomènes distincts:

 

  • Infiltration lente via la porosité de la craie et les micro-fractures présentes
  • Infiltration rapide depuis la surface via les bétoires et marnières. Les bétoires sont des points d'engouffrement naturels et les marnières des points artificiels, qui mettent en contact direct les eaux de surface et les eaux souterraines.
  • La nappe devient alors extrêmement sensible et on voit alors apparaitre des pics de turbidité (présence de matières en suspension dans l'eau) ou de différents polluants (nitrates, produits phytosanitaires, …) lors des précipitations importantes. 

 

Par ailleurs, dans les vallées, qu'elles soient sèches ou traversées par un cours d'eau, et certains plateaux calcaires, la nappe peut ne se trouver qu'à quelques mètres de la surface, ce qui va encore accentuer sa vulnérabilité. De même, il existe une relation naturelle entre les cours d'eau et la nappe de la craie puisque cette dernière est un soutien très important des débits des rivières notamment lors des périodes de sécheresse.


Cette grande interactivité entre les milieux superficiels et souterrains rend la gestion de la ressource en eau complexe et nécessite une vision globale de la problématique.

 

Localement des déséquilibres peuvent apparaitre entre la disponibilité de cette eau, ou sa qualité et le besoin de satisfaction de tous les usages. Toutefois, à l’échelle du département, on n’observe pas de tension quantitative sur la ressource en eau.

L'ensemble de la ressource en eau subit donc des pressions qui ont pour effet, soit d'affecter sa qualité, soit de modifier les écoulements et débits.

 

Pressions urbaines


Dans l'Eure, l'urbanisation s'est fait principalement le long des vallées (villes d’Évreux, Louviers, Brionne, Pont-Audemer). L'extension constante de ces secteurs liée à une urbanisation plus ou moins maitrisée, fait que la vulnérabilité de ces territoires augmente et le risque d'inondation devient d'autant plus important.

 

Gestion des eaux usées


En fin de cycle, et avant son rejet dans le milieu naturel, l'eau usée doit être traitée afin de la débarrasser de sa charge polluante.


Dans les zones habitées relativement denses, les effluents sont collectés puis traités par des stations d'épuration (STEP). Il existe ainsi environ 130 STEP qui épurent les eaux de près de 60% de la population. En zone rurale plus diffuse, qui représente 40% de la population, on trouve des dispositifs individuels de traitement de ces eaux usées, les assainissements non collectifs (ANC). Dans les deux cas, et malgré les bons rendements épuratoires, un résidu polluant retourne vers le milieu naturel.

 

Gestion des eaux pluviales


L’imperméabilisation importante des zones urbaines va générer de grands volumes d'eau lors des épisodes pluvieux avec 2 conséquences : localement venir aggraver les phénomènes d'inondation, apporter une charge polluante au milieu naturel après ruissellement des eaux sur la voirie notamment.

 

Pressions agricoles


73,5% de la superficie totale du département de l'Eure, soit 6042 km² est couvert par des terres agricoles (sols cultivés et prairies). Aussi, l'activité agricole a un impact important sur la quantité et la qualité de l'eau.

 

Aspect quantitatif

 

Depuis une cinquantaine d'années, les pratiques agricoles ont beaucoup évolué. Le remembrement, la remise en culture de prairies, la mécanisation sont autant de facteurs qui contribuent à une augmentation des ruissellements sur les parcelles agricoles.
Par ailleurs, il existe plus de 30 000 ha de terres agricoles drainées dans le département qui viennent modifier les ruissellements naturels en concentrant les eaux pluviales dans un réseau de fossés qui se rejettent dans le milieu naturel (cours d'eau ou bétoires le plus souvent)
Enfin, 4 millions de m³ d'eau sont prélevés à des fins d'irrigation des cultures pendant les périodes les plus sèches de l'année (avril à septembre). Une partie de ces prélèvements se fait dans les cours d'eau à des périodes de l'année où les débits sont les plus faibles ce qui peut localement engendrer une forte pression sur le milieu aquatique.

 

Aspect qualitatif

 

Les activités d'élevage et de cultures sont également des sources de pollution par la production de déjections animales dans le premier cas, et par l'utilisation de produits fertilisants (nitrates et phosphates) ou de traitement des cultures (produits phytosanitaires) dans le second. Ces différents polluants rejoignent les cours d'eau par ruissellement lors des évènements pluvieux ou s'infiltrent dans le sol vers la nappe de la craie.

 

Pressions industrielles et artisanales


Les pressions exercées par l'industrie et, pour une moindre part par l'artisanat, sont de deux ordres :

 

  • Des prélèvements directs dans le milieu naturel : sur les 39 millions de m³ prélevés chaque année, 4,5 millions de m³ proviennent du pompage en cours d'eau ce qui peut avoir un impact important localement notamment en période de faible débit. Le solde, soit 34,5 millions de m³ est prélevé dans la nappe de la craie. Il est par ailleurs important de noter qu'un seul site industriel prélève à lui seul 68% des volumes d'eau souterraine prélevés.

 

  • Des rejets de substances polluantes : associées à l'activité industrielle on va retrouver des pollutions des eaux par les métaux lourds ou les PCB. Néanmoins, il faut noter que les sites industriels les plus importants ont fait énormément d'efforts sur l'épuration de leurs rejets du fait d'une réglementation stricte. Du côté des petits industriels, artisans ou commerçants déversant des eaux non domestiques, soit directement dans le milieu naturel, soit dans les réseaux des eaux usées ou pluviales, la connaissance de la quantité et de la qualité de ces rejets est beaucoup plus restreinte.

 

Que ce soit en rivière ou dans les nappes, la qualité des eaux est dégradée par la présence de nombreuses molécules issues de l'activité humaine.

 

Ainsi, l'ensemble des rivières de notre département, a une qualité considérée comme moyenne ou médiocre du fait de la présence de nitrates en quantité souvent trop importante. De même, dans le sud du Département la qualité de la ressource en eau potable est également affectée par la présence de nitrates ou de produits phytosanitaires.

 

Milieux aquatiques et naturels perturbés

 

Les capacités hydrauliques des cours d'eau de notre département ont longtemps été utilisées par l'homme. Cela s'est traduit par l'installation de nombreux ouvrages hydrauliques au fil du cours d'eau qui nécessitaient la dérivation d'une partie du débit pour leur fonctionnement. Aujourd'hui, si les activités ont cessé, les ouvrages hydrauliques sont toujours présents et impactent fortement le fonctionnement des rivières et la gestion piscicole.


De même, on constate au fil des ans la lente régression du nombre de zones humides du fait des pressions foncières et agricoles notamment. Les zones humides ont pourtant des fonctionnalités importantes :

 

  • Hydraulique : laminage des crues et soutien d'étiage,
  • Biologique : la diversité faunistique et floristique y est souvent importante,
  • Epuratrice : elles contribuent aux processus de régulation des nutriments (azote et phosphore) et à la rétention des matières en suspension et phytosanitaires.

 

Des inondations toujours préoccupantes


Si depuis 2001, aucune inondation notable n'est venue perturber la vie des Eurois, il ne faut pas oublier que ces phénomènes naturels peuvent être particulièrement traumatisants pour les populations concernées.
La vulnérabilité des fonds de vallées, liée à l'urbanisation de ces zones, couplée aux modifications d'occupation des sols qui vont générer des débits d'eau ruisselée plus important, va augmenter le risque d'inondation.

 

Un prix de l'eau potable sous tension


Devant la difficulté grandissante à trouver une ressource de qualité et la nécessité de distribuer une eau potable, les collectivités sont amenées de plus en plus régulièrement à mettre en œuvre des traitements de l'eau brute pompée (filtration contre la turbidité, dénitrification, …). De même, en bout de cycle, l’épuration des eaux usées nécessite la mise en œuvre de techniques de plus en plus performantes.

Devant la prise de conscience générale de la fragilité de la ressource en eau et des milieux naturels associés, il existe tout un panel d'actions à engager pour les préserver :

  • Prendre en compte systématiquement les problématiques liées à l'eau dans les projets d'aménagement du territoire et optimiser la maîtrise d'ouvrage
  • Organiser et rationaliser l'utilisation de cette ressource
  • Communiquer auprès de tous les acteurs locaux (professionnel, élus) mais aussi du grand public sur les bonnes pratiques à mettre en œuvre
  • Faire appliquer la réglementation

 

La Directive Cadre Européenne de 2000 (DCE) établit un cadre juridique et réglementaire dans le domaine de l’eau. Son objectif est d’atteindre d’ici 2015 le «bon état» écologique et chimique pour tous les milieux aquatiques naturels et de préserver ceux qui sont en très bon état.


La DCE s'appuie sur cinq grands principes :

  • Elle renforce l'approche du territoire en bassin versant.
  • Elle fixe un objectif de bon état écologique des masses d’eau à l’horizon 2015 ainsi que le principe de non dégradation.
  • Elle donne aux pays membres une obligation de résultats.
  • Elle impose la consultation du grand public.
  • Elle exige enfin une analyse économique de chaque intervention sur l'écosystème, qu'il s'agisse des actions de restauration ou des usages.

 

La loi sur l'eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 transpose en droit français la DCE. Elle :

 

  • rénove l'organisation institutionnelle, notamment les agences de l’eau et le Conseil supérieur de la pêche
  • propose la mise en place de plans d’action contre les pollutions diffuses
  • pose le principe de reconquête de la qualité écologique des cours d’eau
  • renforce et simplifie les services de la police de l’eau
  • donne des outils nouveaux aux maires pour gérer les services publics de l’eau et de l’assainissement dans la transparence
  • modernise l’organisation de la pêche et responsabilise les pêcheurs amateurs et professionnels

 

Le Grenelle de l'environnement est un ensemble de rencontres politiques visant à prendre des décisions à long terme en matière d'environnement et de développement durable et d'établir une stratégie de développement durable fondée sur le triple objectif de lutte contre le réchauffement climatique, de préservation de la biodiversité et de réduction des pollutions. Sa traduction en texte de loi viendra compléter l’arsenal règlementaire de protection de la ressource en eau et des milieux aquatiques.

 

Le SDAGE élaboré pour le bassin Seine-Normandie dresse des priorités d'atteinte du bon état écologique du milieu aquatique à échéances 2015, 2021 et 2027. Les collectivités, notamment avec l'aide des SAGE qui encadrent les actions là où ils sont présents, doivent œuvrer pour l'atteinte de ce bon état.

 


 

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